Témoignage : Alexandre Morin

logo-savajolsL’entreprise a été créée en 1923 par Monsieur Colom puis reprise par son gendre, Jean Savajols, dans les années 1960. « Son beau-père, grossiste au Puy en Velay, achetait ses fruits et légumes en Ardèche. Un jour il a acheté des salades, et de plus en plus, puis un camion pour transporter et il a fini par créer un dépôt pour mutualiser avec des amis » raconte Alexandre.

Jean Savajols devient donc grossiste au Puy et crée en parallèle l’entreprise d’expédition.

Dans les années 1980, son fils, Jacques, reprend la société. Il laisse la direction de l’entreprise d’expédition à Robert et Nicole Vallon. A la fin de sa carrière professionnelle, Jacques vend son activité de grossiste. Christophe Vallon, le fils des dirigeants et Alexandre Morin rachètent l’activité d’expédition en 2006.

Pour faire comprendre son métier, Alexandre explique : « Plusieurs producteurs livrent de la marchandise à des entreprises privées comme nous. Nous les trions et les conditionnons. Ensuite, nous les expédions aux clients sous différentes formes.»

Savajols expédie aujourd’hui en France mais aussi dans toute l’Europe. Ainsi, si les fraises sont vendues à 90% dans des centrales d’achat de la ceinture Lyonnaise, les abricots sont plus exportables. 3.000 tonnes sont vendues par an principalement en Italie, en Angleterre, en Allemagne et dans les Pays de l’Est. Ces exportations sont aujourd’hui limitées par l’embargo russe sur les produits alimentaires.

Pour Alexandre « le métier évolue d’une manière exponentielle. » Et ce, pour deux raisons.
D’une part les centrales d’achats prennent de plus en plus de parts de marché, et d’autre part, il lui parait nécessaire de développer l’amont, c’est-à-dire la production. Alexandre a ainsi repris les terres de son père et y cultive désormais des abricotiers. Cela permet de mieux adapter la production aux désirs des consommateurs mais aussi aux contraintes des expéditeurs et des producteurs. « Nous partons à l’envers en fait. Nous nous demandons ce que veut le consommateur : il veut un abricot qui soit bon, orangé-rouge. En même temps, il faut que ce soit facile à produire, mécanisable, pour pouvoir avoir des coûts de production les plus faibles possibles et il ne faut pas oublier qu’il doit être calibrable et qu’il puisse tenir en frigo. Donc nous faisons des essais pour pouvoir dire à nos producteurs "On a testé ça, telle variété est bien à planter, et ça, ça va marcher"» explique Alexandre.

Pour ce jeune entrepreneur, la production est une activité complémentaire à l’expédition et permet d’être plus crédible tant auprès de ses clients qu’auprès des agriculteurs : « Je suis né dans un abricotier, mon père est producteur depuis 40 ans maintenant. Et c’est ce qui fait notre force dans la profession. On parle technique avec des producteurs. » L’innovation dans la production permet ainsi de mieux répondre aux exigences des clients qui dépassent parfois la législation française.

Pour cela, il n’hésite pas à voyager : « On essaye d’être le plus acteur possible pour aller voir ce qui se fait chez les autres. Il y a des idées à prendre ».

L’avenir pour Alexandre se trouve donc dans l’investissement dans la production mais aussi dans le respect des producteurs et de leur travail : « Il ne faut pas scier la branche sur laquelle on est assis.Nos producteurs sont des partenaires, ils sont jeunes, 41 ans en moyenne, c’est aussi pour ça qu’on peut investir. Il faut les rémunérer le mieux possible pour que nous soyons là aujourd’hui et pour que nous soyons là demain. Sans les producteurs nous ne sommes rien! »