Témoignage : Bernard Gérin

logo-gerin-melonVictor Gérin fonde l’entreprise familiale au début du XXème siècle.

A sa mort, Charles et Thérèse Gérin, ses enfants, reprennent l’entreprise.

Thérèse décide de créer une activité en parallèle : « A l’époque nous envoyions notre marchandise chez des représentants à Paris et Thérèse est partie dans les années 1930 pour être grossiste aux Halles, elle a voulu se débrouiller toute seule pour essayer de vendre les produits. Et ça a très bien fonctionné ! »

Georges et Pierre prennent la suite de l’activité dans la région de Carpentras et se recentrent sur l’activité d’expéditeur : «  A l’origine nous achetions des produits bruts de cueille chez des producteurs, nous les conditionnions et nous les revendions à des grossistes, à des centrales d’achat ou à des clients en direct. » Mais face aux difficultés que connaît l’agriculture et à la concurrence des producteurs qui entrent dans l’expédition, Bernard et « Pierre Junior », son fils, décident également de produire. Témoin de la double évolution qui pousse les producteurs à expédier et les expéditeurs à produire, Pierre prend ainsi la direction d’une société de production de melons et de raisins.

À cette marchandise s’ajoute celle de la base de production marocaine de Bernard, ce qui leur permet de produire environ 40% de ce qu’ils commercialisent. Le reste, il le négocie auprès de producteurs au gré des saisons : au Maroc au printemps (en plus de leur production) en Espagne au début du mois de juin et en France ensuite.

Bernard décrit son activité d’expéditeur en pointant l’aspect logistique qu’il doit gérer : « J’essaye de valoriser mon produit, que j’achète ou que je produis, de façon à le mettre à la portée des clients et des consommateurs dans les meilleures conditions possibles. On le vend à la pièce, au kilo, ou encore dans des filets. On le trie en fonction de la coloration, du calibre, etc.

Il faut également gérer la maturité en fonction de l’endroit où il faut le livrer. C’est assez complexe.

Il faut beaucoup de logistique, beaucoup de paramètres sont à prendre en compte. »

Interrogé sur l’avenir, Bernard se refuse au pessimisme : « C’est compliqué mais on va y arriver » explique-t-il. « On a un bon réseau commercial et on détient un bon produit dans une bonne zone de production. Il se mangera toujours du melon. Contrairement aux productions manufacturées, on ne craint pas trop la concurrence lointaine.

Il sera compliqué de produire du melon en Chine » s’amuse-t-il.

Conscient que ses produits sont associés à la notion de plaisir et relèvent de l’achat « instinctif et impulsif », il a confiance dans le maintien de son activité.

«Ce qu’il faut c’est être clairvoyant » conclut-il en évoquant l’entreprise qu’il a acheté en 2007 et d’autres projets qu’il a toujours en tête.