Témoignage : Louis Jacob et Serge Le Bonniec

logo-sa-jacobC’est en 1988 que Louis Jacob reprend l’entreprise créée par son père, Joseph, en 1960. Primeur de profession, ce dernier commence à acheter via le marché au cadran en 1966. A l’époque, il possède également 6 camions, livre des marchandises à Paris, mais aussi en Europe.

Lorsqu’il reprend l’entreprise, Louis décide de se recentrer sur l’expédition. Depuis 2011, il travaille en étroite collaboration avec Serge Le Bonniec, dirigeant de la société Celtileg. Ensemble, ils tentent de faire face aux évolutions du secteur et à la concurrence. Pour ce faire, ils développent une stratégie à l’international (en vendant en Europe, mais aussi en créant l’entreprise Flandrileg en Belgique présente sur les cadrans de Roulers et Malines) mais surtout ils tirent profit au maximum des spécificités du marché au cadran.

Le marché au cadran repose sur le fait qu’un grand nombre de producteurs se regroupent et vendent leurs marchandises aux enchères dégressives. Peu répandu en France, Louis explique pourtant les avantages de ce système : «C’est à nous de faire comprendre à nos clients que le système peut être efficace même s’il paraît compliqué. La force de la production Bretonne aujourd’hui, c’est justement de vouloir unifier toute la production et de la faire passer par un seul système mis à la disposition de cinquante sociétés d’expéditions. » Il arrive que certains matins les expéditeurs se voient proposer jusqu’à 500 tonnes de tomates qu’ils peuvent acheter en l’espace d’un quart d’heure et dans une fourchette de prix pouvant évoluer de 0.30 à 0.60 Euros/kg.

Tout leur métier repose sur le fait d’acheter au bon moment dans ce laps de temps.

 

Pour mieux répondre à la demande de ses clients, Louis a choisi de ramasser toute la production achetée le matin, pour la rassembler dans son entrepôt. Ce n’est qu’alors qu’il la fait conditionner par sa société Tradifresh. Cela lui permet d’être plus flexible et de mieux sélectionner la marchandise. « Tout repasse par chez nous, on sélectionne au moment du chargement et ensuite pour préparer les lots. Comme ça on s’assure de la qualité. Et puis on peut répartir les lots en fonction des demandes. Toutes nos marchandises sont de ce fait rassemblées en un seul point, ce qui nous permet de répondre à toutes les demandes (rajouts de commande ou suppléments) d’un client même tardives dans l’après-midi. On a une vraie notion de service et de dépannage, quasiment en continu. Du lundi jusqu’au samedi midi ! » explique Louis.

 

A travers les témoignages de Louis et Serge, on comprend à quel point la passion et l’organisation sont des éléments clés pour permettre de satisfaire les demandes des clients.

Serge déclare ainsi : «C’est un métier de passionnés qui suscite régulièrement l’étonnement des personnes extérieures à la profession. » Il nous explique ensuite les paramètres à prendre en compte pour réussir : « C’est un peu du poker, il faut parfois attendre que tout le monde se soit dévoilé et parfois il faut y aller tout de suite. Avec l’expérience, on apprend à sentir les choses ».

Il faut tenir compte des commandes passées la veille ou juste avant le marché, en rajoutant celles qu’on est susceptible de recevoir en y allant au feeling. L’avantage c’est qu’en cas de surstock à l’issue de la journée, on peut ne pas acheter le lendemain pour se mettre à jour. »

Les tentatives de la grande distribution de venir jouer sur leur terrain ne les effraient pas.

La production « Prince De Bretagne » défend aujourd’hui son système commercial qu’est l’expédition.